Enseignement spiralaire du cycle 3 au lycée, Rio, Mars 2012

 

 Stage inter-degrés de formation continue AEFE 

12,13 et 14 mars 2012 – Lycée Molière, Rio de Janeiro.

Animé par Michel HERON, IA-IPR Histoire-Géographie, Christine PAUGAM, CPAIEN, Cône Sud et Jocelyne SAINT-GEOURS, professeure à Brasilia.

Les liens seront activés au fur et à mesure du dépôt des documents et des compte-rendus.

SOMMAIRE

1. Petit rappel de ce que sont l’histoire et la géographie

2. Quelques constats sur l’histoire et la géographie à l’école

3. Spiralaire? spiralaire! . . . les enjeux du stage

4. Des exemples spiralaires en histoire

. Enseigner la 1ère guerre mondiale

. Enseigner le thème de la colonisation

. Enseigner la Vème République

. Enseigner la construction européenne

. Enseigner la société industrielle

5. Des exemples spiralaires en géographie

6. Plaidoyer pour une liaison école-second cycle

7. Quid du support de conservation?

Contacter les participants

1. Petit rappel de ce que sont l’histoire et la géographie

M.HERON débute son intervention par des références aux Actes du colloque de 2002 intitulé « Apprendre l’histoire et la géographie à l’école »,   et en particulier à l’intervention de Dominique BORNE, à l’époque Doyen de l’Inspection Générale, qui pratique un véritable « inventaire critique » de nos enseignements. Il en ressort notamment que si l’Histoire et la Géographie sont des disciplines en tant que telles qui sont sorties de la catégorie « éveil » au primaire, on ne sait pas très bien ce que les élèves retiennent en histoire-géographie. Autre enjeu, en particulier pour l’histoire : il existe une forte attente, vraie demande sur cette matière dans la société. Tout le monde a un avis sur la question. C’est une véritable passion nationale, qui fait que chacun a une idée sur ce qui doit être enseigné (surtout en terme de connaissances).

Rappelons l’importance des échelles, des changements d’échelle en histoire et en géographie; l’mportance des acteurs, des personnages, des institutions, des groupes sociaux : il faut incarner les événements, les phénomènes, réaffirmer le statut de sciences humaines de ces acteurs.

Rappelons aussi qu’un texte cadre les adaptations de programme au primaire dans le réseau AEFE, que pour le secondaire des contextualisations existent pour le second degré, dans les classes sans examen, dans une proportion d’environ 10% du volume horaire. Des participants signalent que beaucoup d’énergie avait été dépensé à formaliser ces adaptations, alors que désormais la priorité est au collège à la mise en place du socle commun.

Rappelons enfin l‘importance du travail sur la langue, le vocabulaire dans des contextes linguistiques particuliers qui sont ceux des établissements du réseau AEFE. L’histoire et la géographie existent en tant que tellles comme disciplines, avec une finalité qui est la participation à la maîtrise de la langue à l’école, mais aussi au collège et au lycée.

Pour ce qui est de l’histoire des disciplines, un appel à deux figures de l’histoire et de la géographie à travers un montage de citations :

«  Papa, explique moi donc à quoi sert l’histoire…? » (« Apologie pour l’histoire ou métier d’historien » Marc Bloch).

« … entre autres à faire la guerre » pourrait répondre Yves Lacoste qui employa cette phrase à propos de la géographie.

 (A compléter)

La géographie a également profondément évolué : en gros on est passé d’une géographie physique, à tiroirs à une géographie qui s’inscrit comme une science sociale, humaine, les SVT étant passées par là pour récupérer dans leur giron géologie et climatologie. A l’école, au collège, au lycée, on entre dans les leçons de géographie par les individus. « Habiter la planète » en 6ème,   »Humanité et développement durable » (M.HERON signale les Atlas de la collection Autrement, avec notamment, les Atlas du développement durable d’Yvette VEYRET). Les éléments de la géographie physique, du climat, etc… interviennent pour expliquer des phénomènes humains mais ne sont plus étudiés pour eux-mêmes. Dans les programmes, la géographie continentale qui amenait à une étude continent par continent dans le cycle central du collège a implosé et laisse la place à géographie thématique du type « les hommes ET …. » (le développement durable, la mondialisation, etc…).  A la fin des programmes, une recentration sur la France avec un double regard : la France et l’Europe, La France et le Monde, ce qui permet de redonner sa place à la France, en en faisant un objet d’examen.

Sur le plan de la mise en oeuvre est affirmée l’importance d’une approche inductive du programme à travers des études de cas (dont l’équivalent serait un exemple en géographie). On part d’un cas pour aller au général en insistant comme en histoire sur le jeu des acteurs.

2. Quelques constats sur l’histoire-géographie à l’école.

On peut se rapporter à la publication de Philippe Claus, Inspecteur général, qui est consacrée à « L’histoire-géographie à l’école primaire : programme, pratiques et enjeux » (Education et Formations, n°76, décembre 2007).

Y sont constatés une pratique horaire de ces disciplines inférieures à l’horaire officiel (de 78 heures), une place plus grande accordée à l’histoire au détriment de la  géographie, une abondante utilisation de photocopies, la rareté et l’ancienneté des manuels, la faible place accordée au XXème siècle, l’existence de programmation de cycle surtout formelles..

(Une parenthèse est ouverte pour présenter les livres pour jeunesse de Thierry APRILE, aux Editions Gallimard Jeunesse.)

Le rapport insiste sur le fait  que les élèves maîtrisent des connaissances ponctuelles et superficielles qui sont en fait un  frein à l’acquisition de connaissances essentielles.

La lecture des  Actes du séminaire national consacrés aux « Acquis des élèves et pratiques d’enseignement en histoire-géographie et éducation civique » évalués en 2006, montrent de plus qu’en fin de collège, tous les exercices qui invitent les élèves à produire des écrits ont de moins bons scores que les autres, alors qu’est réussie la sélection d’information. Ce qui interroge sur la manière dont on fait travailler les élèves. L’existence de  périodes sombres, mal maîtrisées par les élèves posent également question.

3. Spiralaire? spiralaire! . . . les enjeux du stage

Le tour de table initial montre que la formulation du stage a pour le moins intrigué. Spiralaire? Spiralaire? Est-ce que j’ai une g… d’spiralaire? Pas d’Arletty à l’origine de cet intitulé, mais plutôt des constats en forme de question. Lorsque l’on étudie la Révolution Française ou bien la colonisation en cycle 3, en collège et au lycée, « où met-on le curseur ? Comment fait-on pour ne pas dire la même chose ? ou faire faire la même chose ? » Même question pour la Renaissance…

Bref, on le comprend très vite à l’introduction de M.HERON, l’idée de ce stage est de réfléchir à la manière dont l’école, le collège et le lycée traitent des thèmes récurrents dans les programmes.

Quels sont les outils à notre disposition ? A l’école,  les collègues disposent des programmes de juin 2008, désormais complétés depuis janvier 2012 par des indications claires sur une progression qui fixe ce qui relève de chaque niveau du cycle 3, en précisant, outre les repères et les compétences à travailler, les mots de vocabulaire et d’éventuelles démarches à suivre.

En histoire, le CE2 balaie les 6 périodes de la préhistoire à l’époque contemporaine (le XIXème siècle est distingué du XXème siècle dans les programmes du primaire). Le CM1 a une cohérence thématique forte autour des notions de religion, d’église de pouvoir, le CM2 se consacrant davantage à des problématiques politiques et institutionnelles. En géographie, la progression dans le site suit un changement d’échelles : locale et régionale en CE2, nationale et européenne en CM1 (La France en Europe), mondiale enfin en CM2 (La France et le Monde); le tout à travers 4 entrées qui sont le paysage, la population, produire et se déplacer.

Côté collège et lycée, les « nouveaux programmes » termineront leur mise en place en 2012 en classe de 3ème et en classe de Terminales ES et L en enseignement obligatoire et en Terminale S en enseignement facultatif. Les programmes de seconde et de première sont également téléchargeables en cliquant sur les niveaux concernés.

Pour chaque thème, un dossier d’accompagnement est mis en ligne sur le site Eduscol et offre à la fois cadre, pistes et bibliographie utiles à la mise en œuvre des programmes de 6ème, 5ème, 4ème, 3ème, 2nde, 1ère, Terminales.

Les ouvrages « Clés pour l’enseignement pour l’histoire et la géographie » produits par l’Académie de Versailles constituent un complément précieux. Quatre objectifs transversaux courent dans ces programmes : la maîtrise de repères chronologiques et spatiaux, la mise en œuvre de méthodes et d’outils spécifiques, le développement de l’esprit critique, l’organisation de manière autonome.

En géographie, on note que le programme est décliné en outils (exemple la carte) et en objets (la ville, le développement durable, l’énergie, l’eau, la France), objets questionnés sous des angles différents à l’école, au collège et au lycée. Par exemple, la ville est abordée en 6ème « habiter la ville », en 3ème « aménager la ville », en 1ère « la France dans les villes ». La complexification est évidente.

En histoire, les 5 périodes historiques du primaire sont reprises de la 6ème à la 3ème puis au lycée dans une logique d’approfondissement et de problématisation. Par exemple, c’est un des trois thèmes abordés dans les leçons du « Monde grec » qui est repris et développé en seconde. Même chose pour le monde romain. Il s’agit de s’appuyer sur ce qui a été dit – au lieu de le répéter – , ce qui n’est possible que par un travail de réflexion sur ces objets historiques et géographiques qui sont le cœur de notre travail. Comment faire du spiralaire intelligent en parlant 2 ou 3 fois de la même chose sans dire et faire faire la même chose. Comment on peut s’adosser sur le collège et sur le lycée pour faire son cours, comment ne pas tout dire au collège et au lycée ? L’idée du stage est d’enclencher une réflexion à partir d’une « grille matrice » qui intègre supports, vocabulaire, compétences, démarches, accroche, …

Première mise en garde, les manuels anticipent l’apparition des concepts, notamment dans les manuels de collège. Il faut donc passer par un retour aux programmes pour mieux cerner les objectifs et les attentes de chaque niveau d’enseignement.

4. Des exemples de réflexion en histoire

. Enseigner la 1ère guerre mondiale

. Enseigner le thème de la colonisation

. Enseigner la Vème République

. Enseigner la construction européenne

. Enseigner la société industrielle

5. Des exemples de réflexion en géographie

6. Plaidoyer pour une liaison école-second cycle

7. Quid du support de conservation?

Contacter les participants

Michel Héron, IA-IPR

Christine PAUGAM, CPAIEM

Jocelyne SAINT-GEOURS, Professeure HG, Brasilia

Alexis BERNARD, Professeur HG, Mexico

Bastien BOUTONNET, PE, Tegucigalpa

Catherine MONDEL, Professeure HG, San Salvador

Christian BROS, PE, La Havane

Christophe CHOUTEAU, Professeur HG, Rio de Janeiro

Claire DUHAMEAU, Professeure HG, Assomption

Emmanuel BOURDIAU, PE, Quito

Emmanuelle DESPOUYS, PE, Bogota

Emmanuelle PRADALIE, Professeure HG, Rio de Janeiro

Guillaume DEVIGNE, Professeur HG, Costa Rica

Guislaine NASY, PE, Sao Paulo

Isabelle JIMENEZ, Professeure HG, Caracas

Jacques VENIEL, Professeur HG, Saint-Domingue

Jean François BENHAMOU, Professeur HG, Cali

Jocelyne SABATIER, PE, Mexico

Luigi BRUSA, Professeur HG, Quito

Nadia RIOS, Professeure HG, Bogota

Nathalie BOURLAND, Professeure HG, Brasilia

Nathalie DE FARIA, Professeure HG, Rio de Janeiro

Nathalie LORVO, PE, Rio de Janeiro

Patrick BOSSARD, PE, Zapopan (Guadalajara)

Stéphane ESTRADE, Professeur HG, Mexico

Yonnel BECOGNEE, PE, Managua

 

Une réflexion au sujet de « Enseignement spiralaire du cycle 3 au lycée, Rio, Mars 2012 »

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