2010-2011 : 4 classes

 

La rentrée 2010-2011:

Nous commençons l’année scolaire 2010-2011 avec 4 classes numériques, 3 en seconde et une classe de 1ère ES (car la classe d’expérimentation l’année précédente était composée d’élèves ayant tous pris l’option SES, ceci nous assurait de pouvoir compter sur une classe de 1ère pour poursuivre l’expérimentation à ce niveau l’année suivante, si l’expérience en seconde était positive).

Je prends en charge une classe de seconde ainsi que la classe de 1ère ES, en mathématiques. Stéphane prend pour sa part une classe de seconde numérique en HG. Nous participons tous les deux à la mise en place de l’Accompagnement Personnalisé en seconde au lycée, ce qui permet notamment d’aligner les trois classes numériques pour l’AP, le lycée ayant au total 9 classes de ce niveau (donc 3 groupes de 3 classes).

Mais avant d’aller plus loin, revenons un peu en arrière, nous sommes à la fin de l’année scolaire 2009-2010 et de l’expériementation en 2nde 4.

Le « recrutement » en juin 2010:

Les élèves de 3e ont été recrutés sur la base du volontariat en juin 2010, leur avis leur a été demandé sur une feuille qu’ils avaient à remplir avant de passer le brevet des collège et de partir en vacances. Il faut croire que l’expérience menée en seconde a eu bonne réputation car environ la moitié des élèves de 3e voulaient entrer en seconde numérique l’année suivante, ce qui nous donnait exactement 3 classes. J’avais pour ma part une classe de 3e et il est vrai que la publicité faite auprès d’eux et la curiosité suscitée par ce projet nous ont permis d’atteindre cette proportion de volontaires.

Tout se mettait donc en place pour atteindre 3 classes de seconde et 1 classe de 1èreES. Le soucis maintenant était de convaincre le nombre suffisant de collègues pour suivre ces classes dans le projet. Avant de partir en vacances d’été, nous avons donc (chacun dans notre matière) discuté avec les collègues intéressés afin qu’ils se montrent volontaires pour l’expérience. Pour ma part, une collègue, Sylvie, était super motivée pour prendre au moins une classe de seconde et finalement elle en aura deux. Je prenais donc la troisième classe et la 1ère ES. D’autres collègues semblent intéressés mais préfèrent attendre une année de plus et voir comment évolue le projet.

Finalement, les professeurs volontaires se proposent auprès de l’administration qui prendra en compte leurs voeux pour l’élaboration des services (à noter: pour la première fois dans l’histoire du lycée la mention « classes numérique » apparait avec une case à cocher sur les fiches de voeux de fin d’année !!).

Techniquement…:

Nous demandons l’adpatation de salles supplémentaires, ce qui sera fait dans deux salles voisines de la 501 (salle qui a été adaptée au projet pendant l’été 2009). Cela permettra, avec les rotations entre salles, laboratoires, gymnase et heures libres, d’utiliser ces trois salles pour 4 classes.

Par manque de temps, les tables des nouvelles salles seront fabriquées par les équipes de maintenance du lycée non pas sous leur forme originale, mais elles seront rectangulaires, pouvant accueillir 3 élèves et un peu plus larges qu’une table « normale ». Nous auront l’internet et les connexions électriques toujours en accés sur des colonnes pour chaque table, avec la nouveauté pour cette année d’avoir la fibre optique, installée entre le serveur du lycée et les salles 500. On gagne en rapidité, c’était un minimum pour continuer à profiter d’une bonne connection avec parfois 72 élèves connectés en même temps dans les salles 500.

L’administration, qui ne veut pas répéter le problème causé par l’entreprise Dell (qui nous a fourni les ordinateurs mi-octobre 2009 pendant la mise en place de la première seconde numérique), envoie une liste de spécificités techniques aux parents des élèves volontaires. Il s’agissait d’avoir un ordinateur de type PC avec Windows Professionnel installé (ceci sur une recommendation des personnes chargées du réseau au lycée, selon qui il serait impossible aux élèves de se connecter sur le réseau et d’être reconnus si ils n’avaient pas cette version).

En effet, un des points que nous voulions améliorer suite à l’expérience menée en 2009-2010, était un meilleur contrôle des connections et des sites visités par les élèves durant les cours. Pour cela, nous avons essayé divers programmes de surveillance des ordinateurs des élèves. Ce sont des programmes qui, une fois installés, permettent au professeur de voir l’ensemble des écrans des élèves sur son ordinateur. Cela existe depuis des années et est souvent recommendé pour les salles informatiques. Pas seulement dans un but de contrôle, car les fonctions sont très variées, et notamment on peut projeter l’écran d’un élève sur le tableau et cela à partir de l’ordinateur du professeur.

Pour des raisons techniques inhérentes au réseau du lycée, nous n’avons jamais réussi à faire fonctionner pour tous les élèves ces programmes, donc nous avons abandonné l’idée et adopté un système « ordinateur ouvert-ordinateur fermé » et de connexion filaire qui permet un certain contrôle des temps avec ordinateur et des temps sans ordinateur. c’est rudimentaire mais cela combiné avec un certain contrôle de notre part (beaucoup de déplacement dans la salle), nous n’avons pas eu à déplorer d’excés de la part des élèves.

Donc l’installation de Windows Professionnel devait régler ces problèmes l’année suivant, ce qui n’a pas été le cas, et cela a provoqué un certain mécontentement des élèves qui ont fait la dépense supplémentaire pour cette version de Windows. Sans oublier les inévitables possesseurs de Mac, soit parcequ’ils avaient déjà leur ordinateur avant de connaitre la seconde numérique, soit parceque qu’il est difficile de convaincre certains parents que la meilleure solution, pour un ordinateur d’école, est encore le PC (surtout de part la très grande variété des programmes libres et gratuits pour cette plateforme, alors qu’ils sont plus rares pour Mac). Donc nous avons été mis devant le fait accompli et par exemple dans ma classe de seconde j’avais 4 possesseurs de Mac pour l’année 2010-2011. C’est aussi à ce moment que nous avons décidé que pour l’année 2011-2012, nous ne demanderont aucun système d’exploitation en particulier, juste une configuration technique de base (disque dur, écran, mémoire, port usb et éthernet), suffisante pour la classe numérique.

En route pour une deuxième année:

Donc nous voilà en septembre 2010, 4 classes numériques au lycée,des élèves curieux de savoir ce qu’est une telle classe et des professeurs volontaires, en grande majorité. Je dis « en grande majorité » car inévitablement, pour des raisons de répartition de services, il est difficile de trouver exactement le nombre de professeurs volontaires pour le nombre de classes concernées.

Donc des actions de formations sont proposées par Stéphane et moi pour motiver les collègues un peu désorientés par leur affectation dans une classe numérique.

Une après midi de 2hrs est rapidement mise en place pour la présentation du projet aux collègues « nouveaux » ou « non-initiés » dans le projet, ainsi que des spécificités techniques et des différentes plateformes utilisées. Il est surtout mis l’accent sur le fait que chacun d’entre nous doit étudier ce que cet outil peut apporter de positif dans son enseignement, sans aucune obligation d’utilisation si le collègue n’est pas convaincu. L’ordinateur doit rester un outil (dont on peut exploiter les énormes capacités pour notre enseignement) sans en être le centre. C’est aussi l’occasion pour chacun d’entre nous d’expliquer comment nous avons utilisé cet outil dans nos classe durant l’année 2009-2010.

Concernant les élèves, le niveau en informatique est encore très disparate même si tous son sensés avoir validé le B2i au collège. Les plus à l’aise manipulent rapidement les plateformes (Moodle, email) et les moins à l’aise restent cependant très motivés par le projet. Nous avons aussi essayé d’adapter nos exigences en Accompagnement Personnalisé aux spécificités de la classe numérique, notamment en utilisant les premières séances pour remettre à niveau les élèves en informatique et ensuite en intégrant cet outil pour les autres séances (voir ici le descriptif des séances d’AP spécifiques à la classe numérique).

L’année commence…

Juin 2011 – Quelques conclusions:

Comme l’expérience précédente, l’année 2010-2011 donne lieu à beaucoup de découvertes pour nous. Il est vrai que demander à une trentaine de professeurs de s’impliquer dans un tel projet avec le même enthousiasme est difficile, surtout que l’outil peut vite provoquer plus de problème qu’il n’en résout.

Donc certains collègues ont peu à peu laissé l’ordinateur de côté, en revenant à un système plus classique d’enseignement, certains n’ont jamais voulu en entendre parler, et d’autres ont persévéré et ont pu expérimenter des choses en classe, évoluer dans leurs pratiques en intégrant cet outil. Aussi, certains élèves se sont un peu lassés de l’ordinateur, et d’autres ont constaté des difficultés physiques à son utilisation en classe (problèmes aux yeux, de concentration ou de maintient).

Toutes les approches ont été différentes. Par exemple, j’avais décidé dès le début du projet en 2009 de laisser la possibilité aux élèves de noter le cours sur l’ordinateur, sans prendre en compte la lenteur de prise de note que cela implique en mathématiques surtout. Après avoir constaté pendant l’année d’expérimentation que certains élèves avaient un cours très incomplet, je suis revenu sur un système plus classique, un cahier de cours et un cahier d’exercices, et tout le cours qui est fait en classe est noté dans le cahier, certains chapitres étant téléchargés par les élèves.

Aussi, l’utilisation du livre numérique a été une source de soucis. Très rapidement, nous nous sommes rendu compte que le système des livres numériques tels que proposés par les éditeurs est assez lourd, les livres (qui sont en fait des programmes, donc pas compatibles avec tous les ordinateurs) sont lourds, peu maniables, certes il proposent des fonctionnalités intéressantes (des liens, des vidéos, des animations intégrées) mais cela ralentit énormément la machine. C’est en tous cas la conclusion à laquelle je suis arrivée et j’ai donc décidé de donner une version scannée en PDF aux élèves, qui avaient tous acheté leur livre papier (afin d’être « couvert » au niveau légal).

À la fin de l’année, les élèves étaient en majorité content du projet, mais quelques objections sont apparues, différentes de celles recueillies la première année: Le temps passé sur l’ordinateur fatigue les yeux, la disparité dans les utilisations professeur (cela va de 0% à 100% pour certains), la multiplication des plateformes (d’où la nécessité de trouver rapidement un ENT adapté aux classes numériques et au lycée), etc…

Aussi, et cela fut une véritable surprise, nous avions mi-juin environ 30 élèves de 3e volontaires pour entrer en classe numérique, une baisse de plus de 50% par rapport au nombre de volontaires l’année précédente. Un doute s’installait dans nos esprit : Pourquoi une telle baisse? Pourquoi après avoir eu plus de classes de seconde on se retrouve avec moins d’élèves volontaires en 3e, mystère… Pour essayer de ne pas perdre la dynamique du projet à cause des faibles effectifs, une campagnes est organisée par Stéphane, les déléguées des parents d’élèves de 3e, l’administration, afin d’informer les élèves sur les classes numériques.

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